Extrême Hollande, par Alain Caron (Pays-Bas)

Les hollandais n’ont pas la même culture culinaire que la France, l’Italie, l’Espagne ou même l’Allemagne, peut-être parce qu’ils ont été coupés par le calvinisme…ou le manque de soleil (je pense que cela joue beaucoup en matière de gastronomie).

Le paradoxe de ce pays (où je vis depuis plus de 30 ans), c’est qu’il fournit l’ensemble de l’Europe avec les légumes, les produits laitiers, les fleurs…ils sont partout, là où il y a de nouveaux produits, là où il y a du business à faire. Ils étaient déjà là pour le sel de Guérande, les vins de Bordeaux… Un petit pays de grands navigateurs, allant voir le monde, et le monde venant à eux par les ports.

Il y a beaucoup de boutiques de produits asiatiques, japonais, chinois, indonésiens, exotiques… et plus de restaurants qu’avant, c’est incroyable. Il en ouvre tout le temps ! Dans la petite gastronomie, beaucoup de français (les hollandais sont très francophiles) et d’italiens.

En général, les hollandais dépensent peu pour la nourriture ou l’habillement. Ils font attention, ils comptent. Par exemple, quand je réalise un dîner pour eux (je suis chef indépendant), ils discutent toujours le prix.

Ils veulent du solide, des choses qui durent : l’aménagement de la maison (cela doit être le pays en Europe où l’on achète le plus de télévisions grand écran), la voiture et aussi les vacances.

La base gastronomique ne bouge pas trop, question de connaissance, d’éducation au goût. On se ravitaille. Le travail se finit très tôt, on mange vite pour avoir le temps de faire autre chose.

Mais en haute gastronomie, il y a de très bons chefs, beaucoup d’étoilés. C’est un pays riche et le top bouge et voyage beaucoup.

Il y un développement des cours de cuisine pour tous les budgets, des cours de dégustation aux vins, et les hollandais… quand ils s’intéressent au vin ! On trouve de plus en plus de marchands de vins, de boutiques spécialisées.