Le yangmei, par Ilhame Guerrah (Singapour)

L’arbre du yangmei (myrica rubra), dont les fruits portent le même nom, est originaire d’Asie de l’Est, principalement de Chine, où il est cultivé depuis des millénaires. Le « fraisier chinois » comme on le nomme souvent, qui peut atteindre 10 mètres de hauteur, fait partie de la famille des magnolias, (tout comme l’arbousier avec lequel on peut le confondre).

Ses fruits ronds et rouges avec un noyau dur (qui occupe une bonne partie du volume), se rapprochent par leur aspect, d’une arbouse ou d’un litchi.

En Chine, la production se passe principalement dans le sud, dans les régions de Zhe Jiang, Ci xi, Yu yao, Lan xi… la récolte s’opère sur une période très courte, de avril à fin juin et est opérée de façon artisanale (due à la grande fragilité des fruits).

Véritable gourmandise pour les Chinois qui l’apprécient particulièrement quand il est frais et naturel (comme la plupart des fruits), et pour ses vertus digestives, il est souvent vendu dans la rue, dans de petites barquettes de 200 g. Chacun en fait emplette sur le chemin du retour à la maison.

Le Yangmei se prépare aussi en jus pressés au moment de la saison, se met en conserves, dans des gâteaux, entre dans la composition du Baijiu (un alcool chinois) et de diverses boissons fermentées.

A mon arrivée à Shanghai, j’ai visité tous les marchés de la ville afin de connaître mon nouveau pays et ses produits. C’était la saison du Yangmei, et j’ai pu découvrir ce fruit juteux, pour moi proche de la framboise mais moins acide, plus doux… Impossible d’ailleurs à dénoyauter avant de le consommer car il est trop fragile. Avec sa peau rugueuse et douce (cela peut paraître étrange), mais cela me fait penser à une langue de bœuf.

Je pense qu’il peut être cuit mais cela changera tout à ce fruit. Il est si énigmatique !

Je n’ai pas voulu m’y aventurer, ce qui m’a évité des erreurs qui ne sont pas très bien vues ici car en général, la femme chef n’a pas sa place dans les cuisines chinoises. Le meilleur moyen de garder ma crédibilité est de leur enseigner la pâtisserie étrangère !